Italienne et russe, Felicia et Karina ont vécu leur confinement à Lens

Ambassadrices internationales de la mobilité au sein de la Mission Locale de Lens-Liévin, Felicia Modica et Karina Khaybrakhmanova ne s’attendaient pas à se retrouver coincées et confinées dans le Bassin Minier. Les deux professionnelles ont dû faire preuve d’imagination et de persévérance pour réaliser leurs objectifs.

Épaulées par Anaïs Hernould (à gauche), Karina Khaybrakhmanova (au centre) et Felicia Modica (à droite) continuent d’assurer leurs missions d’ambassadrice de la mobilité malgré les difficultés. Crédit photo : Frédéric Peter / RBM

« Nous avons eu une allemande, une géorgienne, une lituanienne, une estonienne, une croate, une macédonienne, une première italienne, un togolais, un nigérian et un cambodgien ». La liste dressée par Anaïs Hernould, conseillère au sein de la Mission Locale de Lens-Liévin, est impressionnante. Depuis 2011, la structure fait appel aux services civiques internationaux pour l’aider dans ses tâches et « ouvrir au monde les jeunes du territoire ».

Malgré la détermination de la jeune femme, ce procédé reste inédit dans le Bassin Minier à contrario de Lille ou Amiens. Cela n’a pas empêché Felicia Modica, originaire de Palerme, et la russe Karina Khaybrakhmanova de venir s’installer en plein cœur du secteur de Lens-Liévin. Encadrée par le Corps Européen de Solidarité (CES), Karina a déjà beaucoup voyagé, aux Etats-Unis et en Chine, ayant même occupé les fonctions de guide touristique pour les visiteurs chinois à Saint-Petersbourg. « J’ai fait ça pendant trois ans. C’était vraiment très intéressant. Maintenant, je cherche quelque chose de différent, je veux me construire dans le social » dit-elle dans un français impeccable.

La maîtrise de la langue est également à souligner pour Felicia Modica. La deuxième italienne de l’histoire de la Mission locale a découvert le Danemark, la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre et a réalisé des études de Sciences politiques sans oublier un premier crochet par la France, en septembre dernier à Tours.

« J’aime beaucoup la vie international. En Italie, les jeunes ne savent pas ce qu’ils perdent quand on leur parle de ce programme. Je voudrais m’installer en France ou en Belgique ». Parmi les missions du duo, faire découvrir le Bassin Minier à l’international, aider les plus ou moins jeunes dans la rédaction de CV et de lettres de motivation et surtout convaincre les français et les étrangers des bienfaits du volontariat international.

Cette expérience française restera dans les mémoires du fait du confinement, bloquant les deux jeunes femmes dans un appartement de Lens. « Cela n’a pas été facile. Je suis venu ici pour faire beaucoup de choses et je me retrouve bloquée. Le confinement a été difficile pour moi car l’Italie a été le premier pays touché par la crise. J’étais préoccupée le premier mois » se souvient Felicia, souffrant également du manque de sa famille mais aussi de sa guitare, l’italienne étant une véritable mélomane. Heureusement, elle a réussi à trouver un site internet lui permettant de recréer les sons d’un piano, sûrement pour chanter Hallelujah de Leonard Cohen.

Le travail a occupé les journées de la paire internationale. « J’ai trouvé un centre d’informations Erasmus + en russe et j’ai commencé à écrire des articles, à réaliser des interviews pour faire connaître aux russes toutes les opportunités de volontariat » évoque Karina, ayant peur pour son pays faisant face actuellement au virus. Les date de fin de contrat approchant (30 juin pour la transalpine et 26 juillet pour l’originaire de Saint-Perterbourg), Felicia et Karina ont monté sur les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle, visité le Louvre-Lens et découvert les spécialités locales dans des voyages qu’elles présentent sur le compte Instagram Pieml2l.

« Dès qu’elles vont quelque part, elles font un post. Il y a une promotion du territoire et un partage de cultures » avance Anaïs Hernould. La Mission locale compte renouveler encore cette expérience et lancera son prochain appel au recrutement en juillet pour une prise de fonction en septembre. « Si des structures de Lens-Liévin veulent accueillir de jeunes étrangers, les bourses d’aide sont calculées en fonction de la durée du volontariat. Il y a une bourse d’alimentation et un peu d’argent de poche. On finance les forfaits de téléphone et le transport. Les coûts ne sont pas énormes au final ».

Si les différences de tempérament entre Felicia et Karina et le goût ou non pour le fromage ont éloigné les deux femmes, elles se sont complétées et ont évolué en binôme malgré la situation exceptionnelle, tel le ying et le yang. Si Felicia guette un poste de chargé de projet dédié à l’international, dans la recherche ou sur l’étude des genres, Karina retrouvera bientôt son pays avec la volonté de franchir une nouvelle étape après une aventure française riche en émotions.

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