Thomas Vincensini : « Le Nord et la Corse ont une ferveur pour leurs clubs de football »

Arrivé lors du mercato estival pour être la doublure de Jean-Louis Leca, Thomas Vincensini a effectué ses premières minutes avec le maillot lensois contre Le Mans en championnat. Pour RBM, le natif de Bastia revient sur sa formation, ses premières impressions à Bollaert et ses objectifs avec les artésiens.

Thomas Vincensini porte le numéro 30 au Racing Club de Lens. Crédit photo : Frédéric Peter / RBM

Que pensez-vous de vos débuts avec le Racing Club de Lens ? Vous êtes satisfait ou y’a-t-il encore des choses à travailler ?
Il y a toujours des choses à travailler. Le résultat en championnat est très positif. Après, j’aurais aimé mieux faire sur certaines actions que ce soit contre l’Espanyol ou contre Le Mans mais voilà, le but c’est de s’améliorer à chaque fois et d’être le plus performant possible.

Vous avez découvert la fournaise de Bollaert justement contre l’Espanyol. Quel est a été votre premier ressenti quand vous êtes entré dans le stade ?
C’est un plaisir. On voit cette ferveur, un nombre énorme de supporters alors que le club est en Ligue 2. C’est magnifique. C’est beau, c’est ce dont on rêve à chaque fois, de jouer dans des stades facilement pleins.

Est-ce qu’on peut faire la comparaison avec ce que vous avez connu du côté de Bastia avec le public chaud de Furiani ?
Je la fais souvent cette comparaison. C’est deux régions qui ont cette ferveur. Les gens adorent leurs clubs et ils sont derrière le Racing Club de Lens pour le Nord et le SC Bastia pour la Corse. C’est magnifique encore là.

Bastia, c’est votre club formateur. C’est là que vous avez pris votre première licence ?
Je n’ai connu que le Sporting Club de Bastia. Depuis que j’ai six ans, j’étais là-bas jusqu’au dépôt de bilan. Dans le football, mon idole était Iker Casillas. J’ai toujours adoré son style de jeu. Au niveau des personnes qui m’ont beaucoup apporté, il y a eu Christophe Chaintreuil (ayant entraîné les U17 et U19 de Bastia ndlr), Philippe Anziani ou encore Benoît Tavenot avec la réserve. Après, chaque entraîneur m’a aidé à progresser pendant mon parcours.

Vous avez commencé à jouer avec Bastia, vous avez connu le dépôt de bilan, la belle équipe de l’époque et rencontré Jean-Louis Leca. Quel est votre moment le plus marquant avec les corses ?
L’un des plus marquants, c’est la montée (en 2012 en Ligue 1 ndlr). Je n’étais pas encore pro mais je montais assez souvent en équipe première. Il y a aussi les maintiens qui ont été des exploits énormes à faire avec le budget qu’on avait.

Vous avez retrouvé Jean-Louis Leca au Racing Club de Lens. Vous avez une relation d’entraîneur-joueur, de conseiller, de protecteur, d’ami avec lui ?
Je pense qu’il y a un peu de tout ça mais Jean-Louis est comme ça avec tout le monde. C’est quelqu’un de fédérateur, de positif, qui aime rigoler et c’est bénéfique pour tout le monde. On a une très bonne relation depuis Bastia. Quand j’ai eu le coach [Philippe Montanier] et l’entraîneur des gardiens de Lens, je l’ai appelé pour lui demander ce qu’était le RCL.

Que s’est-il passé après la fin du SC Bastia ? Qu’avez-vous ressenti ?
Honnêtement, c’était très difficile parce que c’était une année charnière pour moi, je comptais être prêté. Voir son club formateur et de cœur partir en fumée, ça fait beaucoup de peine. C’est intervenu sur le tard et au poste de gardien, c’est compliqué. Mon agent m’a lâché et ce fut une période difficile mais qui m’a appris sur pas mal de choses.

Vous rebondissez à Bastia-Borgo en N2. Est-ce que c’était un retour aux sources pour vous ?
Ça m’a fait beaucoup de bien et permis de jouer. Le groupe était composé de beaucoup de corses que je connaissais, d’autres que j’ai découvert. C’était génial, on s’est régalé pendant six mois avec des anciens joueurs professionnels comme Jérôme Le Moigne et Yohan Bocognano. Il y avait de la qualité et c’était de très bons mecs.

Vous êtes appelé par Valenciennes et vous revenez dans le milieu professionnel. Ça était un changement de mode de vie ?
C’est Réginald Ray (alors entraîneur de Valenciennes ndlr) qui m’appelle et qui était l’adjoint de Frédéric Hantz à Bastia. Il me connaissait et il m’a tendu la main au moment où c’était difficile pour moi. Après, c’était un gros changement. C’était la première fois que je partais de chez moi, de la Corse. J’ai toujours vécu à Furiani et ce n’était pas facile au départ.

Comment se sont déroulés les premiers contacts avec le Racing Club de Lens ?
C’est venu en fin de saison quand j’étais en vacances. Je pense que le coach connaissait Reginald Ray. Il l’a contacté et après, il m’a appelé tout comme Thierry Malaspina, l’entraîneur des gardiens.

Qu’est ce qui vous a motivé dans le projet du Racing Club de Lens ? La montée en Ligue 1 ? Intégrer un grand club français ?
Honnêtement, c’est tout ça. Je voulais jouer la montée dans un grand club avec une grande structure. Le fait aussi d’être dans un rôle où il faut accompagner Didier Desprez, qui sera l’avenir du club, a joué.

Vous êtes la doublure de Jean-Louis Leca. Quel est le rôle d’une doublure dans un club comme Lens ?
Elle doit être la plus performante possible quand le coach fait appel à elle et éventuellement d’être en forme pour que le numéro 1 soit toujours un peu sous tension sans oublier de faire pour qu’il y ait une bonne entente avec les autres gardiens. Nous avons un rôle important sur le terrain et dans les vestiaires tout comme les autres joueurs de l’équipe.

Quand vous êtes arrivé au Racing, certains observateurs ont regardé vos stats et ont dit que vous n’aviez pas connu le niveau pro depuis un moment. Comment avez-vous réagi et travaillé pour ce retour au haut-niveau ?
Je ne regarde pas trop les commentaires, ça ne m’intéresse pas. Je veux travailler et être le meilleur sur le terrain. Je veux aider le club dans son objectif. Je peux comprendre les gens sceptiques, qui se disent que je n’ai pas fait un match pro depuis deux ans et demi, mais pour moi, ça ne veut rien dire. Il faut être bien dans sa tête et continuer à travailler pour être performant.

Comparé à votre arrivée à Valenciennes, est-ce que vous vous sentez un peu plus adapté au continent ?
Oui, c’est beaucoup plus facile. L’année dernière, je démarrais de zéro mais aujourd’hui, je connais la région, j’ai mes repères.

Vous venez d’une famille de footballeurs ou de fans de Bastia ?
Mon père est un grand passionné. Il a joué un peu au foot, pas au haut-niveau, mais il m’a transmis sa passion. Plus jeune, j’allais voir tous les matchs du SCB. Quand vous êtes formé à Bastia, que vous êtes de la région, vous vous dites que c’est le plus beau club de Corse. Je continue toujours de suivre Bastia mais ça fait mal encore de voir l’équipe à cette place-là, en N2. On croit à la remontée et c’est sûr qu’elle arrivera un jour.

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