Restauration : « Si je ne retravaille pas très vite, je serai en grand danger »

Le milieu de la restauration s’est mis en pause forcée depuis le 17 mars 2020. Pour limiter la propagation du Coronavirus, les chefs et gérants ont stoppé leurs activités. L’Auberge du Lac, à Annay-sous-Lens, a mis ses six salariés au chômage partiel.

Les plats de L’Auberge du Lac à Annay-sous-Lens ne sont plus distribués sur les tables du restaurant depuis deux mois. Crédit photo : L’Auberge du Lac / Tous droits réservés / Facebook

« C’est une vieille maison institutionnelle qui était en train de retrouver une vie ». Le gérant Sylvain Leroux est très affecté par cette fermeture imprévue, causée par l’épidémie de Coronavirus. L’Auberge du Lac, restaurant traditionnel d’Annay-sous-Lens, connu pour sa convivialité et ses produits régionaux, n’entend plus le bruit des couverts et des fourneaux pour le plus grand désespoir de Sylvain, ayant repris l’établissement il y a trois ans et demi.

« C’est une perte sèche, purement et simplement. Une perte de clientèle sur le restaurant, une perte sur la location d’une chambre » avoue le gestionnaire, pris à la gorge. Ce dernier essaie de rester positif, misant notamment sur les plats cuisinés à emporter mais son chiffre d’affaires a été fortement impacté et il a été obligé de mettre ses six salariés au chômage partiel. « Les clients de l’Auberge ont beaucoup de respect pour nous. Ils sont conscients de nos difficultés. S’ils ne m’achètent pas quelques plats, L’Auberge du Lac c’est terminé » tranche Sylvain Leroux.

« Tous les matins, je cuisine pour prendre un moment de plaisir dans cette journée compliquée » confie le responsable, n’ayant aucune visibilité sur la suite de son entreprise ou même l’avenir des postes créés. Les rumeurs dans le métier annoncent une réouverture à la mi-juin au mieux sans savoir les conditions à respecter pour ouvrir. « Si on me dit que je dois faire dix couverts à la fois seulement, ce sera compliqué ».

Cependant, l’établissement a reçu le soutien de plusieurs personnalités comme Yves Terlat, le maire d’Annay, Philippe Duquesnoy, le maire de Harnes, de Daniel Kruszka, le maire de Loison-sous-Lens, d’Artois entreprendre ou encore de David Lobel, président du club des entreprises Harnes-Loison-Annay. Sylvain Leroux s’est lancé dans plusieurs dossiers de prêt au niveau national, régional et communal, sollicitant notamment le prêt de la CALL (Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin), pouvant aider les entrepreneurs avec des prêts de 1 500 à 5 000 euros.

Néanmoins, même si ces prêts sont accordés au gérant, il faudra espérer une réouverture rapide. « Au-delà de l’entreprise et du dépôt de bilan, c’est ma vie personnelle qui peut-être touchée en cas d’échec. Tout va dépendre de la date de reprise. Si je ne retravaille pas très vite, je serai en grand danger ». De plus, le taux d’intérêt du Prêt Garanti par l’Etat (PGE) ne sera fixé qu’en 2021, au moment de la fin du prêt. Sylvain Leroux espère donc vite revoir sa clientèle.

Les cartes de la maison changent tous les trois mois et l’accent est mis sur le manger local, le gérant étant par la même occasion charcutier, maniant parfaitement l’art du cochon et des produits du terroir. Ce même terroir, observateur de la montée en gamme de L’Auberge du Lac et, on l’espère, de son renouveau dans les prochaines semaines.

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