« Vous n’imaginez pas comment c’est impossible de ne pas s’approcher de son bébé », le combat d’une mère au milieu de l’épidémie de Covid-19

L’épidémie de Coronavirus a paralysé l’ensemble du Bassin Minier et a touché de nombreuses personnes. Parmi ces dernières, Sophie, une maman habitant avec ses deux enfants de six et quatre ans. La vie de cette rouvroysienne a basculé au moment où elle a appris que son aîné possédait tous les symptômes du Coronavirus. Témoignage.

Photo d’illustration. Crédit photo : Pixabay

« Je me dois de partager cela avec vous. Ça n’arrive pas que chez les autres. Quand ça tape à votre porte, ça prend plus d’ampleur qu’on ne le pense ». Sophie commence son récit, fatiguée après plusieurs jours de peurs, de questions et d’incompréhension. La première alerte arrive le 12 mars lorsque son fils de six ans est victime de maux de tête et d’une toux grasse en revenant de l’école. « La nuit suivante, sa température était toujours à 39 degrés avec diarrhée et toux sèche. Il était vraiment affaibli » précise-t-elle.

Elle appelle le Samu mais les agents au bout du fil lui conseillent de donner du Paracétamol à son fils et de ne surtout pas aller aux urgences. « Le virus est là-bas ! Appelez votre médecin ! » lui ordonne le conseiller. Un médecin de garde lui affirme que c’est viral. Le week-end ne fait pas passer la forte fièvre du jeune garçon, alors chez son père, et il revient chez sa mère avec un manque d’appétit et une extrême fatigue. Son deuxième fils, de quatre ans et demi, tousse également et la paranoïa commence à envahir le foyer. Le lundi matin, les symptômes sont de plus en plus forts chez son aîné et Sophie se heurte à un mur. « Le numéro spécial pour le virus n’est pas en mesure de me répondre car trop d’appels, mon médecin est surchargé et doit me rappeler, les hôpitaux sont fortement déconseillés. Je fais quoi moi ? Je ne sais pas où me rendre, je suis perdue ! » s’époumone la jeune femme.

Les pompiers sont finalement appelés et ils arrivent avec les combinaisons blanches assorties de masques et de gants. « Ils ont voulu nous emmener sur Arras mais ils m’ont laissé le choix avec le Samu au téléphone car c’était un risque pour nous, le virus étant présent en force. Comme il n’a pas d’insuffisance respiratoire, juste une petite gêne, je demande une consultation et mon fils reçoit un masque ». Le verdict tombe le 16 mars, Sophie apprend que son fils est atteint par le Coronavirus selon l’avis d’un spécialiste. Elle reçoit l’ordre de se confiner avec ses deux fils pendant quatorze jours et de ne pas les toucher.

La solidarité s’organise autour d’elle avec ses proches lui amenant de la nourriture qu’ils déposent devant sa porte. « Vous n’imaginez pas comment c’est impossible de ne pas s’approcher de son bébé. De plus, mon garçon ne doit pas s’approcher de son frère, son repère » soupire la maman qui se retrouve coupée du monde. Les nettoyages et désinfections se succèdent à la maison et Sophie prie pour avoir d’autres masques, n’en n’ayant qu’un seul pour son fils malade, se retrouvant à demander à ses amis et contacts s’ils n’ont pas des protections.

Le lendemain, les symptômes se manifestent de plus en plus chez Sophie, ayant des toux de plus en plus violentes et piquantes. L’état du petit garçon se stabilise mais la maman se retrouve épuisée par les douleurs et les maux de tête. Les deux petits garçons recommencent à jouer sans pour autant se toucher pour le plus grand bonheur de Sophie. Le rhume et la toux sont toujours présents mais la famille fait front face à cette nouvelle menace.

Cette semaine, une amélioration a été constatée chez tous les membres de la petite famille. « Mon fils s’est même disputé avec son frère. C’est carrément positif ». Un fait qui redonne le sourire à Sophie, toujours déterminée à se battre pour ses enfants. « On se sont un peu seule et même des fois repoussée mais d’un autre sens, il y a les autres qui se montrent présents comme ils le peuvent ». Après s’être retrouvée clouée au fauteuil comme elle le dit, la mère de famille retrouve sa respiration et voit une amélioration de la situation avec toujours la crainte d’une rechute. « On prie, on prie, on prie. On espère. Enfin, on en est sûr. On s’en sortira plus fort. Je tiens à sensibiliser tout le monde, confinez-vous s’il vous plaît et surtout prenez soin de vous ».

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